© Teddy Picaude
Se laisser surprendre par

une architecture unique

L’architecture châlonnaise est un véritable patchwork, ce qui en fait l’originalité et la singularité du patrimoine de la ville. Du bois, de la pierre, de la craie, de la brique, du métal, du béton, les édifices chalonnais offrent une large palette de matières et de style.

L’architecture médiévale

Le bois, symbole de l’architecture médiévale, est le matériau qui reste le plus fréquemment utilisé dans l’architecture châlonnaise, avec notamment le « pan de bois », des façades en bois visibles remplies par du torchis.

Au XXème siècle, le pan de bois n’est plus à la mode et on le recouvre d’un enduit. Il existe donc de nombreuses demeures châlonnaises en pan de bois, masquées sous le crépi.

RDV sur la place de la République. Les demeures en pan de bois que l’on y trouve reflètent le caractère marchand de cet emplacement à l’époque médiévale.

Focus sur...

L’encorbellement

L’encorbellement apparaît comme une sorte d’avancée sur la rue. Il permet de protéger des intempéries l’échoppe située en-dessous mais aussi de construire des étages plus grands, sans payer plus d’impôts. A l’époque, les propriétaires paient en effet une taxe annuelle proportionnelle à la largeur sur rue de leur maison. Pour des raisons économiques et afin d’exploiter l’espace au maximum, on construit donc des maisons à encorbellement.

Au 20ème siècle, lors des aménagements urbains, certaines demeures en pan de bois sont en danger de destruction, comme la maison Clémangis ou la maison de la petite juiverie qui accueille aujourd’hui l’Office de Tourisme. Elles sont alors démontées et reconstruites quelques années plus tard.

La Maison Clémangis

Cette maison de notable est une construction en pan de bois de la fin du XVème siècle, située autrefois rue Clémangis. Elle est démontée en 1970 et reconstruite quelques années plus tard à son emplacement actuel, rue Nicolas Durand, à quelques pas du musée et du jardin du Cloître de Notre-Dame-en-Vaux.

De nombreux ponts sont également bâtis en bois mais ils seront remplacés par des versions en pierre au fil du temps.

Le Pont Putte Savatte

Le pont « Putte Savate », aujourd’hui en pierre est resté longtemps en bois.

Son nom lui viendrait dès l’époque médiévale, de sa proximité avec la corporation des tanneurs et des cordonniers, et de l’odeur nauséabonde qui s’en dégageait… (« Putte » vient de « puter » en ancien français, qui signifie puer).

L’architecture classique

La pierre de Savonnières (pierre calcaire provenant de Lorraine), la craie ou la brique sont souvent employées dans les constructions classiques du XVIème et XVIIème siècle, notamment pour les hôtels particuliers.

L’hôtel particulier est un type d’habitat qui apparait au XVIIème siècle. Il reflète le rang social élevé de son unique propriétaire. L’accès se fait généralement par un porche imposant et travaillé, permettant l’arrivée des carrosses dans la cour.

RDV au 2 rue de Chastillon pour un bel exemple construit en craie. Juste à côté de l’Hôtel de Ville, l’Hôtel Dubois de Crancé ou encore l’hôtel Nicolas Durand au 68 rue Léon Bourgeois sont eux construits en pierre de Savonnières.

Focus sur… le Couvent Sainte-Marie

Les façades en brique et craie en lits alternés représentent parfois de simples lignes horizontales ou créent des motifs géométriques plus originaux et complexes. Le Couvent Sainte-Marie, qui abrite aujourd’hui le Conseil départemental, offre sur les rives du Mau l’un des plus bels exemples d’appareillage champenois. A découvrir au croisement de la rue de Chastillon et de la rue de Jessaint ou depuis la balade en barque l’Eau’dyssée.

Focus sur… la demeure Garinet

Située au 13 rue Pasteur, elle est la plus vieille demeure en pierre de Châlons. Elle abrite aujourd’hui le musée Garinet, l’un des trois musées municipaux. Construite au XVIème siècle, l’atmosphère de la bourgeoisie de l’époque y est toujours présente.

La craie est un matériau fragile, friable et perméable. Afin d’améliorer sa résistance, celle-ci est souvent associée à la brique, réputée pour sa solidité. Cette alternance de brique et de craie se nomme « appareillage champenois ». Elle est typique de notre région.

L’architecture contemporaine

En 1882, une partie du Mau est couverte pour gagner de la place. De nouvelles halles sont alors édifiées et deviendront le marché couvert. Alliant fer, fonte et verre, elles ne sont pas sans rappeler les halles parisiennes de l’architecte Victor Baltard.

Focus sur… le marché couvert

Le marché est caractéristique des constructions métalliques de la fin du XIXème siècle. Ses décorations lui confèrent cependant une certaine originalité : les armoiries de la Ville sont présentes avec de grandes corbeilles de fruits. Des gueules de lion rappelant la devise châlonnaise « gloire et force », sont nichées au sommet des poteaux extérieurs.

A la fin du XIXème et début du XXème siècle, apparait l’Art Nouveau. Ce style prône la modernité et rompt avec une architecture très symétrique et austère. On cherche à allier le beau et l’utile, en s’inspirant de la nature.

Quelques décennies plus tard apparait le mouvement Art Déco, suite à l’exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris. Après la Première Guerre mondiale, la tendance se traduit par le retour à l’ordre, à la tradition, en rupture avec le style Art Nouveau très fleuri tout en courbes et en volutes. RDV au 7 cours d’Ormesson. Edifié en brique jaune, en pierre calcaire et en béton, c’est un des plus beaux exemples châlonnais de ce style architectural.

Puis à la fin du XIXème siècle, un procédé novateur apparait, le béton armé, constitué de béton et de barres d’acier.

Focus sur… le Cirque historique

Le Cirque historique, 1 rue du Cirque, est l’un des huit derniers cirques en dur de France. Son décor en façade principale rappelle l’activité du cirque : chevaux sortant du fronton, têtes de clown crevant un cerceau, jongleries, instruments de musique…

Rénové en 2010 afin de l’adapter davantage aux spectacles et à l’enseignement artistique, Le Cirque historique est aujourd’hui un établissement supérieur de formation, de ressource et de recherche.

Il accueille les spectacles du CNAC, Centre National des Arts du Cirque, un cursus circassien d’élite.